André Malraux
Collège
Mazan
 

Se souvenir de la Première Guerre mondiale

mercredi 23 novembre 2016

Le 11 novembre 2016, des élèves du collège se sont recueillis devant le monument aux morts de la commune pour se souvenir de l’horreur et de l’absurdité de la Première Guerre mondiale. Quatre d’entre-eux ont lu un texte devant l’assemblée réunie, afin de rendre hommage aux combattants de la « Grande Guerre » et à leur familles.

Merci à Louann, Nasser, Sasha et Valentine.

COMMEMORATION DU 11 NOVEMBRE 2016 – MAZAN

De février à décembre 1916, la bataille de Verdun fait rage. Les combattants, Français et Allemands, font la terrible expérience de la guerre d’anéantissement.
En plus des multiples dangers de la guerre, le soldat de Verdun doit survivre dans des conditions inhumaines.

OBUS – SOIF – PUANTEUR DES CADAVRES – FROID – TRANCHEES INONDEES – GAZ – MEMBRES ARRACHES – RATS – BOUE – CORPS A CORPS – VERMINE – FAIM

Joseph Gilles était ouvrier agricole dans les Landes. Il écrivait chaque jour à sa femme Corine.

« Tu ne peux pas te faire idée, ma chère, combien nous sommes malheureux ; donc pourtant je n’ai pas trop l’habitude de me plaindre, mais ce coup-ci j’y suis obligé car c’est une chose au-dessus de l’imagination, c’est à ne pas pouvoir te dire. Dans ce tunnel, nous sommes une affaire de trois mille hommes en réserve, dans une humidité car l’eau ruisselle tout le long des murs, et il faut pourtant coucherlà sur la voie de chemin de fer. On va chercher les vivres en pleine nuit près de Verdun, accompagnés tout le long du chemin par les obus, ce qui fait que nous ne pouvons faire qu’un repas par jour et sans soupe.
Pour se rendre aux premières lignes, c’est très pénible et dangereux ; un kilomètre environ avant d’arriver, il y a un passage dénommé le ravin de la mort, qui sait les hommes qu’il y a de tués là-dedans ; il faut y passer, il n’y a pas d’autre endroit. »

Joseph Gilles fut tué par un éclat d’obus au moment de la relève sur le front de Verdun, le 20 août 1916. Il venait d’avoir 36 ans.

A l’arrière, les mères, les épouses et les enfants souffrent de l’absence du fils, du mari ou du père.

Georges Congar, otage des Allemands en zone occupée, fut déporté dans un camp en Silésie le 6 janvier 1918.
Après une dernière entrevue avec son épouse et ses quatre enfants, voici ce que la petite Marie-Thérèse consigne dans son journal intime.

« Papa est très calme, très bien portant. Il nous embrasse très tendrement en nous disant au revoir ; nous mettons toute notre âme dans notre baiser pour qu’il se sente protégé par lui quand il ne nous verra plus. Nous restons calmes pour ne pas l’amollir (les larmes amollissent). D’ailleurs Mère lui a donné un portrait de la petite famille qui est encore très ressemblant. Nous restons tous sur le perron pour le voir partir... »

Journal de Mimi Congar, 6 janvier 1918

Karl Fritz était caporal de l’armée allemande dans le 10e bataillon de chasseur alpin, 2e compagnie. Le 5 août 1916, il participe à une offensive dans le secteur du fort de Douaumont. Il écrit à ses parents et à ses sœurs.

« 16 août 1916

Nous avons passé trois jours couchés dans les trous d’obus à voir la mort de près, à l’attendre à chaque instant. Et cela, sans la moindre goutte d’eau à boire et dans une horrible puanteur de cadavres. Un obus recouvre les cadavres de terre, un autre les exhume à nouveau. Quand on veut se creuser un abri, on tombe tout de suite sur des morts. Je faisais partie d’un groupe de camarades, et pourtant chacun ne priait que pour soi. 

Karl »

Une fillette, Suzette, écrivait en août 1914 ces quelques mots au début de la guerre.

« Papa chéri,
Je t’envoie le drapeau de la victoire, il nous viendra couvert de gloire en 1914 et tous les chers papas rentreront dans leur foyer. »

Ta petite Suzette

Qu’il est loin l’espoir d’une guerre rapide, fraîche et joyeuse, consumé par la folie des hommes.
10 millions de morts, plus de 20 millions de blessés et mutilés et plusieurs millions de traumatisés de guerre plus tard, en ce 11 novembre 2016,

NOUS N’OUBLIONS PAS !

 
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